De la formation à l’action : 150 femmes rurales définissent leurs futurs modèles de production à Allada et Toffo
Comment accompagner les femmes rurales à choisir des activités agricoles qui soient à la fois adaptées à leurs ressources, aux réalités du marché et aux conditions agroécologiques locales ?
C’est autour de cette question que ReAc ONG – Recherche et Action pour le Développement Durable, en partenariat avec la HEPH-Condorcet (Belgique) et avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International (WBI), a organisé la Formation 1 : « Identification des productions agricoles rentables et choix participatif des spéculations », dans le cadre du Projet de renforcement des capacités des femmes en production mixte.
Cette première étape du projet avait une ambition claire : ne pas imposer aux bénéficiaires un modèle de production prédéfini, mais leur donner les outils nécessaires pour identifier et choisir elles-mêmes les activités agricoles les mieux adaptées à leurs situations.
Durant quatre jours, les participantes ont travaillé autour de quatre grandes familles de production : Maraîchage, Arboriculture fruitière, Élevage, Production fourragère.
L’approche pédagogique a été volontairement participative, visuelle et adaptée au contexte local. Des affiches illustrées, travaux en sous-groupes, exercices de classement, positionnements physiques et restitutions en Fongbé et Aïzo ont notamment permis de faciliter l’implication des participantes, y compris celles ayant un faible niveau d’alphabétisation.
Produire, oui… mais produire quoi, pour quel marché et avec quelles ressources ?
Les femmes ont été amenées à analyser les différentes productions en considérant plusieurs dimensions essentielles : rentabilité financière, demande du marché, conditions agroclimatiques, capacités financières, disponibilité en eau et disponibilité en terre.
Au-delà du choix d’une spéculation, la formation a permis de travailler avec les bénéficiaires sur des modèles associant cultures, arbres, élevage et ressources fourragères.
Cette logique d’intégration est essentielle : les productions ne sont plus envisagées isolément, mais comme les composantes complémentaires d’une exploitation dans laquelle les ressources peuvent être mieux valorisées.
Par exemple, les productions fourragères peuvent contribuer à l’alimentation animale, tandis que les déjections animales peuvent participer à la fertilisation des cultures et des arbres. Cette diversification permet également d’étaler les productions et les sources potentielles de revenus.
Des choix individuels pour préparer un accompagnement personnalisé
Un autre résultat important de la Formation 1 est que chaque participante a pu se positionner sur une activité principale ; maraîchage, élevage ou arboriculture ; puis sur un modèle de production correspondant à ses aspirations et à ses capacités.
Ces choix constituent désormais une base pour passer d’une formation collective à un accompagnement individualisé des exploitations.
Les techniciens-animateurs de ReAc ONG, directement associés aux exercices durant la formation, pourront réutiliser les outils développés lors des visites de terrain et du coaching individuel.
Et maintenant ?
La Formation 1 n’est donc pas une finalité : elle pose les fondations du parcours d’accompagnement.
Les résultats obtenus alimenteront la Formation 2, consacrée notamment à la gestion technique et économique des modèles retenus et à la préparation des plans individuels d’exploitation.
À terme, notre ambition est d’accompagner ces femmes vers des exploitations familiales capables de mieux combiner :
ReAc ONG : faire le lien entre connaissances, innovation et action de terrain
À travers ce projet, ReAc ONG poursuit son engagement en faveur de systèmes agricoles et d’élevage durables, intégrés et adaptés aux réalités des communautés rurales.
Notre approche repose sur une conviction : la transition vers une agriculture plus durable et résiliente ne peut réussir que si les innovations sont construites avec les producteurs et productrices qui devront les mettre en œuvre.
Nous remercions Wallonie-Bruxelles International, la HEPH-Condorcet, les communes d’Allada et de Toffo, les autorités locales, les équipes techniques ainsi que toutes les femmes bénéficiaires pour leur mobilisation.